La tribune des cheminot n°918

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  L’emploi racketté !
 

Le gouvernement est en difficulté pour inverser la courbe du chômage. La direction de la SNCF dégaine de son côté un nouveau projet stratégique de compétitivité. 

Le projet Excellence 2020 vise, selon la direction, à faire de la SNCF « une référence d’excellence mondiale des services de mobilité et de logistique ». Elle a donc déclaré ouvertes la chasse à la productivité et la course à la maîtrise de la masse salariale pour développer le chiffre d’affaires d’ici à 2020.
La priorité serait donnée aux transports du quotidien, à la sécurité, à l’amélioration de la qualité, au développement de la coopération. Certes, ce sont là des termes qui sonnent doux à nos oreilles. Mais les recettes préconisées pour remplir ces objectifs – notamment faire plus à moindre coût – seraient désastreuses pour les cheminots et les usagers.

 

Les mêmes recettes que le Medef !

La direction SNCF s’enorgueillit d’avoir atteint les objectifs du plan Destination 2012 en maîtrisant la dette et en versant 800 millions d’euros de dividendes à l’État.
En réalité, ces résultats sont le fruit d’une dégradation des conditions de vie et de travail des cheminots. Ainsi, depuis 2007, plus de 10 000 emplois du cadre permanent ont été supprimés tandis que, sur la même période, le nombre de cheminots en CDI a augmenté de plus de 2 800 unités. Il faut ajouter à cela le recours massif aux contrats de travail précaires (CDD, intérim), le développement de la sous-traitance, la création de la filiale SNCF Interservices, l’externalisation et la filialisation de missions assurées précédemment par des cheminots à statut. Quant à la politique salariale menée dans le même temps, en visant à privilégier les rémunérations individuelles et aléatoires au détriment des augmentations générales de salaires, elle n’a fait qu’aggraver la réelle reconnaissance du travail et la perte de pouvoir d’achat des cheminots.
Par ailleurs, la SNCF va bénéficier cette année du versement d’un crédit d’impôt compétitivité emploi à hauteur de 210 millions d’euros. Ce dernier est versé aux entreprises employant des personnels rémunérés en deçà de 2,5 fois le Smic. Ce qui représente 75 à 80 % des salariés de l’Épic SNCF !
Tout cela a des conséquences directes sur le financement de notre régime spécial puisque la baisse du nombre de cotisants et les faibles augmentations générales des salaires conduisent à amplifier le déficit et donc à accentuer la contribution d’équilibre de l’État, qui constitue à ce jour 63 % des recettes de la CPRP.
Cette menace qui pèse sur l’avenir même de notre régime donne encore plus de poids et de sens à notre démarche revendicative pour l’emploi et les salaires. La priorité doit être donnée au recrutement au cadre permanent, notamment dans le contexte actuel, où l’embauche de contractuels a représenté 25 % des recrutements en 2012, dont près de 50 % dans l’encadrement et 21 % à l’exécution.

 

Une bataille au quotidien et de proximité

Le projet de la direction prône « l’excellence en matière de services offerts aux usagers, l’amélioration de la qualité de service et l’efficacité collective » et fait de la « satisfaction client » son baromètre. Pourtant, elle n’hésite pas dans le même temps à déstructurer les collectifs de travail, à multiplier les réorganisations et études de productivité, à vider les gares et les trains de toute présence humaine et à favoriser la polyvalence et les mobilités contraintes.
Il est donc nécessaire et urgent de réorienter la stratégie menée actuellement par la direction de la SNCF et validée par le gouvernement afin de pouvoir développer le service public ferroviaire et améliorer la réponse aux besoins de la nation.

 

Emplois : quantité et qualité !

Grâce à la multiplication des mobilisations des cheminots, la direction a revu à la baisse ses prévisions en matière de suppressions d’emploi, notamment en revenant partiellement sur les 750 supplémentaires annoncées en juillet dernier. Néanmoins, 1 500 emplois devraient être supprimés d’ici à la fin 2013.
Les fédérations syndicales de cheminots (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) ont été reçues dans le cadre d’un GT1 emploi le 22 octobre dernier. La direction a joué la carte de la provocation en ne répondant à rien. Les OS2 ont adressé un courrier unitaire à la DRH de la SNCF pour exiger la tenue d’une véritable table ronde nationale sur l’emploi.
Pour la CGT, l’emploi au statut et en nombre suffisant est un élément déterminant du développement du service public ferroviaire. Il est garant de l’efficacité, de la qualité et de la sécurité du service public tout en offrant aux usagers la continuité du service. 
Il nous faut donc en urgence nous interroger collectivement, par chantier, par site, dans nos syndicats, par section technique, sur les effectifs nécessaires pour répondre aux besoins de la population en matière de transport voyageurs et marchandises.

 

1 - GT : groupe de travail.
2 - OS : organisation syndica
le.




 
Véronique Martin, secrétaire fédérale.
 
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N°918 > Novembre 2013
 
   
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