Communiqué de presse de l'Union Locale CGT de Castres

Communiqué de presse de l'Union Locale CGT de Castres

 

Ce n'est pas avec l’un des symboles des délocalisations et de la casse de l'industrie textile que l'on fera l'économie sociale et solidaire de demain.

Depuis quelques temps nous entendons parler de projets de développement de l'économie sociale et solidaire à Castres.

Bien sûr, il est nécessaire et impératif de changer les rapports de production et l'organisation de l'économie, pour que cette dernière réponde aux besoins des salariés et, plus largement, de tous les citoyens, dans le cadre de rapports de solidarité.

Par notre action, nos revendications, nos propositions, nous pensons, tous les jours, travailler concrètement à l'avènement d'une société plus solidaire, plus durable.

De nombreux citoyens, associations et mouvements qui œuvrent depuis des années pour une économie plus sociale et plus solidaire, ont tout autant de légitimité à revendiquer et porter ces valeurs.

Mais quand nous voyons M. Pierre Gout se reconvertir dans l'économie solidaire, par respect pour les centaines de salariés qu'il a licenciés, nous nous devons de réagir et de faire un petit rappel.

M. Pierre Gout a été l’un de ces patrons, heureux héritier, qui a organisé la délocalisation progressive de notre industrie textile. Plus de 200 salariés de Roquecourbe et de Castres en ont fait les frais. D'abord une centaine en 2002, pour permettre la montée en cadence de l'usine implantée en Roumanie quelques années auparavant. Même les machines, largement financées par de l'argent public ont été délocalisées. Puis les autres salariés ont subi le même sort quelques années plus tard.

En 2002, la CGT a soutenu les salariés dans leur lutte courageuse pour l'emploi, et ils avaient raison quand ils disaient que l'objectif à terme de Pierre Gout était la délocalisation totale, la porte pour tout le monde et toute la production en Roumanie pour garantir ses propres revenus.

Nous avons aidé les plus convaincus, une dizaine, à demander réparation et la Justice leur a donné raison.

Sauf à dire, que le Conseil de Prud'hommes de Castres, la Cour d'Appel de Toulouse et la Cour de Cassation n'ont pas légitimité à dire le Droit, ces institutions ont déclaré l'une après l'autre que les soi-disant « licenciements économiques » opérés en 2002, par M. Pierre Gout, étaient abusifs et sans cause réelle et sérieuse.

Rappelons que Pierre Gout a fait son business avec beaucoup d'argent public, beaucoup de subventions devant théoriquement préserver l'emploi.

Aujourd'hui, au travers de sa conversion soudaine à l'économie solidaire nous pensons encore une fois qu’il va chercher de l'argent public pour servir ses intérêts personnel.

Alors c'est vrai, dans la vie on peut changer, peut-être que dans le projet qu'il met en avant son engagement sera bénévole et sans intérêt ?

Peut-être que M. Pierre Gout et sa famille ne vont pas profiter de ce projet louable pour revendre à bon prix ou retaper une friche industrielle coûteuse à entretenir et invendable en l'état ?

Peut-être M. Pierre Gout et son fiston, ne vont pas profiter de ce projet louable pour être les seuls à avoir un salaire correct en laissant les autres dans la galère ?

Au vu de la communication sur le projet (les-ateliers-castres.com) il apparaît des sommes conséquentes :

Acquisition bâtiment : 373 500 €

Rénovation : 1 630 000 €

Personnel : 104 953 €

Nous voulons alerter et mettre en garde ceux qui gèrent l'argent public, l'État, le Conseil Régional, Conseil Général du Tarn, l'Agglomération Castres Mazamet, la commune de Castres : attention, il ne faudrait pas que ce projet consiste à être essentiellement solidaire avec les intérêts de la famille Gout.

Les Gout, ça suffit ! Ils ont été gavés d'argent public. Par contre nous savons malheureusement, qu’encore aujourd'hui, des salariés licenciés par ces gens-là sont toujours dans la difficulté et nous considérons que ce sont eux qui doivent être soutenus plutôt que celui qui les a licenciés.

Que dire sur le plan de la morale ? Comment peut-on faire confiance pour impulser des valeurs de solidarité à quelqu'un qui dans notre bassin de vie, est l‘un des symboles de ce patronat qui a cassé l'industrie textile et organisé les délocalisations.

Tous les salariés victimes de cette politique de casse industrielle méritent davantage de respect.

Et que l’on ne nous dise pas que l’on ne peut pas trouver des personnes sincères et compétentes pour porter et gérer ce genre de projet dans le véritable esprit de l’économie sociale et solidaire.

 

Délibération de la Commission Exécutive de l'Union Locale CGT de Castres, le 4 février 2013 à Castres.

 

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